Dans un jugement-fleuve qui analyse en profondeur la pratique du hockey sur glace et son importance au Québec, la Cour du Québec a déclaré vendredi un ex-hockeyeur de la LHJMQ coupable de voies de fait armées pour avoir blessé son adversaire avec son bâton lors d'un match.
L'agression était survenue au cours d'une mêlée pendant un match de la saison dernière de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. Une ordonnance de non-publication interdit aux médias de dévoiler toute information permettant d'identifier l'accusé, qui était âgé de 17 ans au moment des faits. Même le nom des équipes impliquées et la date du match ne peuvent être publiés.
L'accusé avait frappé deux fois son adversaire à la poitrine avec son bâton, à la manière d'un double échec, avant de le frapper une troisième fois au visage, toujours avec le bâton. Sous la force du coup, la victime était tombée au sol. Elle éprouve encore aujourd'hui des problèmes de dentition et de mâchoire. Jamais la victime n'avait fait mine de répliquer ou d'accepter le combat.
L'avocat a donc demandé que son client reçoive une simple réprimande de la Cour, une sentence prévue pour les offenses mineures de jeunes contrevenants et qui s'efface de leur dossier après deux mois. Si l'ex-hockeyeur devait écoper d'une période de probation, voire d'une absolution conditionnelle ou inconditionnelle, les douaniers américains le verraient dans son dossier pendant plusieurs années, ce qui mettrait en péril sa capacité d'entrer aux États-Unis, a plaidé l'avocat.
Le jeune homme, qui n'évolue plus dans la LHJMQ, a un nouveau projet de carrière qui l'emmène à se rendre aux États-Unis. Ce projet serait sérieusement compromis s'il reçoit une sentence plus sévère qu'une réprimande.
Le jeune homme ne peut porter à lui seul le blâme pour la violence d'un sport, a souligné à plusieurs reprises Me Shadley. « Le hockey est ce qu'il est parce que c'est ce que la communauté veut, et on ne peut en blâmer ce jeune homme (...) La bagarre fait partie du jeu. »
« Si (la victime) avait jeté les gants pour se battre, nous ne serions pas ici aujourd'hui », a précisé l'avocat, provoquant des réactions dans l'assistance, où se trouvaient des membres des familles des deux joueurs impliqués.
Le juge a pris l'affaire en délibéré et rendra sa décision sur la sentence le 14 décembre.
Ça peut pas être plus clair que ça ...